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mercredi 26 novembre 2014

LE BERNIN (38) : LE MAUSOLÉE D'ALEXANDRE VII


SUITE DE L'ARTICLE PRÉCÉDENT

DESCRIPTION DU MAUSOLÉE DU PAPE ALEXANDRE VII A LA BASILIQUE SAINT PIERRE

En premier lieu, le mausolée associe le marbre blanc pour les statues du pape et des vertus, le jaspe sicilien pour la tenture, le bronze doré pour la représentation de la Mort et un marbre rainuré vert-sombre pour les trois piédestaux portant le pape et les vertus de part et d'autre de la porte. Le marbre blanc utilisé pour les statues rattache ce mausolée à la tradition inaugurée par Michel-Ange pour la chapelle des Médicis avec une structure triangulaire encadrant la porte.

L'étoffe de jaspe (1) dont la couleur rouge dominante est striée de multiples taches aux formes et rainures contournées, ressemble à un somptueux tapis. Ce tapis semble porter le piédestal que la statue surmonte, elle descend ensuite de part et d'autre de la porte, encadrant les deux vertus, Charité et Vérité qui se trouvent de part et d'autre de la porte ; ensuite le tapis se déploie  de part et d'autre des deux allégories pour déborder  sur les pilastres et colonnes qui encadrent la niche où est construit le mausolée. Les plis de l'étoffe ne se produisent  plus qu'au centre de la composition, là où la Mort tente de s'en extirper.

Le pape est représenté en prières, il porte le pallium, dissimulé sous une lourde chape. Sous cette chape, se trouve la tiare papale. (2) Elle est posée sur le piédestal comme si le pape l'avait laissée à cet endroit afin de montrer, au seuil de la mort, toute la vanité de la puissance terrestre.

Le visage du pape est sans doute de la main du BERNIN et non de ses assistants, il exprime l'apaisement, le recueillement, le détachement de l'attente et même  l'inexpressivité d'un homme qui semble déjà n'être plus de ce monde. Le visage est tourné vers le spectateur mais il ne semble pas le regarder ni même regarder la clepsydre qu'agite la Mort, on a l'impression que son regard a  dépassé les contingences terrestres pour se tourner vers l'infini. Les délateurs du BERNIN lui reprochèrent de ne savoir réaliser que des portraits tourmentés et violemment expressifs : qu'ils considèrent le visage d'Alexandre VII pour constater que l'artiste était capable aussi de rendre d'autres sentiments !

La statue du pape se trouve sur un piédestal (3) qui le sépare du monde terrestre personnifié par l'étoffe de jaspe. Ce piédestal porte son épitaphe : ALEXANDER VII CHISIUS (Chisi, nom patronymique du pape) PONT MAX.

L'allégorie de la Charité (4) lève un regard de quasi-adoration vers le pape, elle  porte un enfant dans ses bras ; sa tunique est représentée au moyen de multiples plis. Autant le visage de l'allégorie est beau, autant l'enfant est hideux, il ressemble à ces putti que l'on trouve un peu partout dans l'art baroque et dont la figuration est  la mesure de l'incapacité des artistes de l'époque à représenter  des enfants.

La Vérité  est représentée le pied posé sur le globe terrestre (5), sur celui-ci apparaît nettement l'Europe en sorte que l'on peut constater que le pied de la Vérité écrase l'Angleterre. C'est une allusion au fait que le pape, en dépit de ses efforts, n'a pas réussi à faire reconnaître ses erreurs à l'anglicanisme, ce qui aurait permis son retour dans la catholicité : une vengeance posthume ?

La Vérité enserre dans ses bras un disque doré pourvu de rayons dorés  (6), on a dit que c'était le soleil, je crois  beaucoup plus qu'il s'agit d'un ostensoir : cela renforce encore cette vérité de la présence réelle du corps de Jésus dans l'hostie, ce que refusent les protestants.

L'allégorie était, comme dans les projets précédents, représentée nue, la tenture qui la ceignait masquant cependant une grande partie de son corps. Le pape Innocent X, considérant que cette nudité n'était pas de mise dans la basilique,  demanda au BERNIN d'ajouter un habit de métal peint de la couleur du marbre, ce qui fut fait. Un tel habit de métal avait déjà été ajouté à une statue nue du mausolée de Paul III à la demande du cardinal Farnèse !

Les deux autres allégories sont à peine visibles, émergeant à peine du tapis de jaspe : la Justice sculptée derrière la Vérité  porte un casque et semble tenir un plateau de balance, la Prudence se trouve derrière la Charité, elle ne présente aucune caractéristique particulière.

À SUIVRE..

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